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Le Journal de Québec

Épiceries publiques: un modèle qui finit trop souvent en «flop» et qui coûte cher aux contribuables, selon un expert

Bien que l’idée d’épiceries publiques gagne en popularité, notamment avec le maire de New York, Zohran Mamdani, le nouveau chef du NPD, Avi Lewis, et Québec solidaire, un expert estime que ce type de modèle se transforme souvent en « flop ».

Vendredi, Québec solidaire a d’ailleurs proposé la création d’un réseau d’épiceries publiques et à but non lucratif, soutenant qu’un grossiste alimentaire québécois pourrait contribuer à réduire le prix des aliments. Vincent Geloso, auteur et professeur adjoint à George Mason University, croit toutefois que l’idée du « panier orange » constitue une mauvaise politique publique.

Ce qui se passe plus souvent qu’autrement quand on regarde les marges de profit dans le secteur des épiceries, en regardant des données de Statistique Canada, c’est entre 3 et 5 %, ce n’est pas des marges gigantesques, et même là, cette marge-là est surestimée,

a-t-il indiqué en entrevue au micro de Richard Martineau, à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal.

Même si les chaînes d’alimentation génèrent des revenus importants, leurs marges de profit demeurent relativement faibles en raison du volume de ventes, explique M. Geloso. Il demeure donc sceptique face au concept d’épiceries publiques.

Maintenant, si on veut réduire le coût de la vie, ce n’est pas par des épiceries publiques. Les épiceries publiques, lorsqu’elles ont été assaillies, on finit avec des dépenses plus importantes, des subventions importantes que les contribuables ont eues à payer d’autres manières. Et souvent, ça finit qu’il y avait même des problèmes d’inventaire, les étalages étaient généralement vides. Ça a été souvent des flops,

a-t-il affirmé.

Pour réduire les coûts alimentaires, le professeur estime plutôt qu’il faudrait s’attaquer à certaines politiques et réglementations.

Ça peut inclure la gestion de l’offre, mais ça peut inclure aussi les tarifs qu’on a sur certains produits alimentaires, parce qu’il existe des tarifs sur des produits alimentaires, notamment sur les produits du soya, sur certains produits comme ceux-là qu’il faudrait peut-être enlever tout simplement,

a-t-il souligné.

Selon lui, l’État devrait se concentrer sur des fonctions que le marché privé ne peut remplir efficacement, comme la sécurité ou les services policiers, plutôt que sur le secteur de l’alimentation.

Il ne se trouvera personne dans la discussion d’économistes sur le sujet qui vont dire: “Oui oui, les épiceries, c’est une fonction fondamentale de l’État”. Il n’y a personne qui pense ça,

a-t-il ajouté.

Des exemples qui parlent

À plus petite échelle, certaines expériences d’épiceries publiques ont déjà vu le jour, notamment au Kansas, sans grand succès, soutient Vincent Geloso.

Ça a fini avec un flop. Par exemple, une ville au Kansas a eu à liquider une grosse partie d’une épicerie publique qui avait été faite. […] Ils ont perdu énormément d’argent. Les fois où est-ce que les étalages n’étaient pas vides, ils ont eu à dépenser des fortunes. Donc finalement, ça ne coûtait pas moins cher au net pour la société, ça coûtait plus cher,

a-t-il expliqué.

Selon le professeur, le débat devrait plutôt porter sur les moyens d’augmenter la concurrence et de réduire les coûts de production afin de faire baisser les prix des aliments.

Ça, c’est une discussion complètement différente, mais je pense, plus sérieuse que l’idée d’épicerie publique,

a-t-il conclu.