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Journal de Montréal

Lexique envoyé aux médias : Québec solidaire s'est «auto-pelure-de-bananisé»

L’arrivée d’Alexandre Boulerice chez Québec solidaire est une bonne nouvelle pour le parti, mais ses gains politiques pourraient être annulés par les faux pas de la formation politique.

Ce nouveau joueur devrait changer les cartes pour la prochaine campagne électorale provinciale, estime l’analyste politique et directrice en relations gouvernementales chez TACT, Stéfanie Tougas, surtout considérant le départ de Gabriel Nadeau-Dubois.

« J’ai l’impression qu’on vient un peu changer un politicien d’expérience plutôt de la frange pragmatique de Québec solidaire pour un autre politicien de gauche d’expérience plutôt de la frange pragmatique », a-t-elle expliqué en entrevue à LCN.

Québec solidaire espère certainement que le recrutement d’Alexandre Boulerice permettra au parti de remonter dans les sondages. En environ quatre ans, la formation politique est passée d’un groupe qui avait des chances de former la position officielle à un groupe qui récolte maintenant environ 9 % des intentions de vote.

Lexique de QS

Au cours des derniers jours, QS a fait parvenir aux médias un petit lexique dans lequel on retrouve le vocabulaire et la nomenclature « à privilégier pour la couverture des activités de Québec solidaire ».

La formation politique demande ainsi aux journalistes d’utiliser la formule « porte-parole » plutôt que « co-porte-parole ». Elle estime également que la précision « porte-parole masculin » ou « porte-parole féminine » est à éviter.

QS souhaite aussi que les médias désignent Ruba Ghazal en tant que « cheffe parlementaire » ou « candidate première ministre ».

Le parti affirme également que l’adjectif « solidaire » peut être utilisé pour préciser l’allégeance d’un élu ou d’un candidat.

L’expression « responsable solidaire » est aussi à privilégier plutôt que « porte-parole solidaire en matière de » lorsqu’il s’agit d’un champ d’action faisant partie des responsabilités parlementaires d’un député, soutient QS.

Finalement, la formation politique rappelle qu’il faut écrire « Québec solidaire » avec un « S » minuscule, et non majuscule.

« Immaturité politique »

« C’est une très mauvaise idée de dire aux journalistes comment parler d’eux, ce n’est pas une bonne tactique. Au contraire, ça froisse plus les gens qu’autre chose », affirme Stéfanie Tougas.

« Ça envoie le signal suivant: on est plus en train de se concentrer sur le lexique par faute de maturité politique que de se concentrer sur les priorités des Québécois qui ont de la misère à payer l’essence ce matin, qui ont de la misère à payer le panier d’épicerie, qui ont de la misère à se loger et c’est dans ces thèmes-là que Québec solidaire est très bon », ajoute l’analyste politique.

Un tel faux pas risque de nuire à Québec solidaire dans les intentions de vote, craint l’experte en politique québécoise.

« Là, ils sont un peu éclipsés par des petits faux pas politiques, et pourquoi? Jacques Parizeau disait “s’auto-pelure-de-bananiser”; c’est un très bon exemple cette semaine pour QS », conclut Mme Tougas.