Le nouveau chef du Nouveau Parti démocratique (NDP), Avi Lewis, appuie à «100%» la tenue d’une évaluation indépendante par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada pour le projet de terminal de conteneurs de la Baie de Beauport. Il nomme le contexte environnemental «très inquiétant» pour justifier sa position.
Cette demande avait d’abord été demandée par la Table citoyenne Littoral Est, dans une lettre envoyée à l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) en avril dernier.
«On comprend que les Canadiens veulent construire beaucoup de grandes choses dans le contexte de la guerre économique avec les États-Unis, mais il faut mettre les besoins des communautés en premier», a-t-il défendu, de passage à Québec.
Si le chef du NDP soutient aujourd’hui cette demande citoyenne, c’est pour «faire pression» sur la tenue d’une évaluation indépendante.
M. Lewis déplore l’approche du gouvernement Carney, qui tend à «éviter toutes les études et toutes les consultations avec les communautés», mentionne-t-il en évoquant la Loi visant à bâtir le Canada et les projets d’intérêt national.
Comme il a été rapporté par Radio-Canada en avril dernier, le fédéral a déjà alloué 23 millions de dollars sur cinq ans pour la réalisation de travaux sur les infrastructures de manutention, avant même que l’étude environnementale soit complétée.
«C’est un enjeu partout au pays. Il faut que le gouvernement, M. Carney, comprenne qu’on a besoin d’évaluations [environnementales] pour tous les projets.»
— Avi Lewis, chef du Nouveau Parti démocrate
Le chef du NPD reconnaît cependant les potentielles retombées économiques d’un tel projet pour la Capitale-Nationale. Sans s’opposer à la réalisation de ce projet, il rappelle que les processus d’évaluation et les besoins de la communauté ne doivent pas être «abandonnés» au profit du développement économique.
Une «petite victoire»
De son côté, la Table citoyenne Littoral Est continue de s’opposer pleinement au projet de terminal. «C’est contre nature pour des gens qui demeurent à côté des infrastructures portuaires et qui fréquentent la baie de Beauport», plaide Daniel Guay, porte-parole de la Table.
La prise de position d’Avi Lewis représente une «petite victoire» pour la Table citoyenne Littoral Est, qui était à la recherche de soutien politique dans sa demande d’évaluation indépendante.
«On compte sur lui pour diffuser le message à tous les autres politiciens, à M. Carney, à la ministre de l’Environnement du Canada, pour que l’Agence d’évaluation d’impact du Canada fasse une évaluation environnementale indépendante», poursuit M. Guay.
Dossier en attente
L’AEIC est toujours en réflexion quant à savoir si elle doit prendre en charge l’évaluation des effets environnementaux de la manutention de plus de 200 000 conteneurs. Normalement, l’Administration portuaire de Québec (APQ) doit effectuer cette étude, mais les opposants soulèvent son potentiel conflit d’intérêts pour faire cette tâche.
«L’agence d’évaluation d’impact du Canada est déjà saisie de la demande depuis le 29 avril dernier et nous a informés de son intention de poursuivre son analyse du dossier en se prévalant du délai de 90 jours usuel à leur pratique», signale Frédéric Lagacé, directeur des communications et relations publiques du Port de Québec au Soleil.
D’ici la décision, l’entreprise QSL, derrière le projet de terminal, ne peut dévoiler publiquement le dossier, représentant un frein supplémentaire à cette démarche en cours depuis déjà quelques années.